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A tous les âges, dès l’annonce de notre venue au monde jusqu’à notre mort, quels que soient nos choix, nous pouvons à tel ou tel moment nous sentir différents des autres, mal à l’aise, en rupture, parfois honteux de nous-même, parfois incapables de prendre soin de nous-même, en colère ou accablés. Ces affects douloureux ont tendance à nous enfermer dans une quête de reconnaissance ou de réparation, de vengeance ou de soumission à notre histoire familiale, alors que nous n’avons en fait pas les clefs de ce qui les a determinés. Le travail psychique sert de chemin pour les découvrir, chacun le sien.

La base de notre personnalité s’appuie sur le sentiment de permanence de qui nous sommes ou pensons être. Les faits venant perturber ce sentiment d’identité nous font courir un grand danger de perte de sens puis d’isolement.

Ce qui est normal c’est ce que nous imaginons de nous et des autres, de la société, de la politique, de la famille, du travail, de la vie, de l’amour et du désir à un moment donné, avec l’idée que cela est partagé par un groupe, un peuple, une culture autour d’un sens commun, d’une langue. Cette normalité nous ouvre accès à la vie sociale dans le respect de ses règles, nous donne une place parmi les autres, autorise la réalisation de notre vie à travers nos projets, le sens de notre vie.

Le temps de la vie voit se succéder naissances et morts, statuts affectifs et familiaux, changements sociaux, économiques et professionnels, mutations technologiques; qui mobilisent très puissamment la souplesse de notre psychisme pour conserver ce sentiment de normalité et s’adapter aux changements, garder notre place parmi les autres. C’est ce que nous faisons chaque jour sans le savoir.

Un événement qui parfois peut apparaître mineur inaugure une période de doute, de repli sur soi et un cortège de symptômes: angoisse, phobie, dépression, perte de l’élan vital, troubles du sommeil, trouble du comportement alimentaire, effondrement du désir, échecs de tous ordre. On se remet en question, on ne sait plus quelle décision prendre, comment orienter sa vie, on se sent stoppé, bizarre. A ces moments la solitude nous guette, le sens de notre vie se rejoue, nos relations deviennent problématiques, autour de nous les gens s’inquiètent, se le disent, nous en parlent.

Arrivé à un certain stade de douleur psychique, les questions qui se posent sont les suivantes: est-il possible, utile, nécessaire de « soigner » le psychisme, à partir de quand, dans quel but et par rapport à quelle normalité? Que signifie « une bonne santé psychique »? Suis-je maître ou esclave de mon psychisme? Pourquoi cela m’est-il arrivé?

La parole est au coeur de chaque existence humaine.