Santé mentale et psychanalyse, Savoir et Vérité.

La notion de santé mentale renvoie à des normes édictées dans le champ social, économique, politique, judiciaire. Cela définit par conséquence la pathologie, la maladie mentale, l’anomalie, l’anormalité, pour la société dans laquelle on vit.

A telle époque dans telle culture, une personne présentant des comportements similaires peut être jugée normale, ou pas. L’exemple de l’orientation sexuelle l’illustre: longtemps en France l’homosexualité a été considérée comme pathologique, traitée médicalement, réprimée socialement et juridiquement.

Face à des comportements perçus comme anormaux ou asociaux, les sociétés modernes se sont appuyées sur la Science en imaginant pouvoir y répondre. A partir du  18ème siècle s’est constitué un Savoir médical, qui est à l’origine de la psychiatrie et de la psychologie actuelles, de leurs pratiques, de leurs points de vue sur ces questions.

À la fin du XIXe siècle et tout au long du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, la psychanalyse s’est penchée sur les mécanismes inconscients humains à partir des difficultés vécues par certaines personnes. De cette pratique nouvelle basée sur la parole et non le traitement prescrit une nouvelle approche du psychisme a pu être élaborée.  Elle a révélé, par une approche individuelle et interpersonnelle, que chaque individu est unique dans sa construction et sa relation à la Vérité. La psychanalyse est tout à la fois une pratique, une découverte de sa propre subjectivité et une connaissance du psychisme humain.

Des fondamentaux de la construction psychique sont apparus, le lien à la parole comme constitutive de l’Humain, l’importance d’avoir une place au sein de la société. Si bien que la construction psychique répond à la fois à des invariants, à des histoires individuelles et à l’évolution culturelle des sociétés.